
Tous les Blancs ne sont pas racistes, mais tous les Blancs bénéficient du système raciste. La question raciale en fRance est centrale et politique, elle fédère et divise. Les politiques ont du pouvoir sur nos vies et nos corps, ceux de les plier, de les exploiter et de les exterminer. C’est une question intrinsèquement liée à la question anticapitaliste.
La blanchité est une posture de pouvoir, pas une opinion, pas une question morale. C’est un pouvoir exercé sur des corps, qui sont construits comme des corps différents, étrangers, que vous le conscientisez ou pas, leurs conditions matérielles d’existence sont différentes des corps blancs. Les corps différents ne posent pas un problème en soi, c’est la différence de traitement qui est problématique. Leurs droits sont sans cesse remis en question au sein même de la nation qui prône une hiérarchie, un ordre colonial et des frontières.
Même si nous le subissons, le racisme est le problème des Blancs, c’est leur imaginaire, la réalité sociale est le rêve des groupes dominants, ce sont leurs pratiques qui sont mises en avant et légitimées dans la modernité. Ils ne nous demandent pas notre avis, jamais. Le racisme nous laisse exsangues dans une position d’éternel objet politique, silencieux et statique.
Dès lors, il est impossible pour les Blancs de rester en dehors de ce système de pouvoir. Il est impossible pour les racisés de changer le système raciste sans les Blancs. Et ce n’est pas une accusation ou une injonction faite à un groupe social, c’est une évidence matérielle et la constatation de notre interdépendance.
Vous devez trahir votre race pour éradiquer le racisme, vous devez mettre fin à votre rêve, changer radicalement vos pratiques, prendre des positions divergentes et inconfortables, remettre en question des évidences, générer le désordre, violenter votre ego. Si le mouvement queer a pour objectif de démanteler le régime de la norme, il a le devoir de lutter contre le système raciste. Tout comme les anticapitalistes ne peuvent pas évacuer d’un revers de main la question raciale.
Pour passer d’un stade de « révolté » à un stade de « révolutionnaire », il faut effectuer une révolution personnelle, un renversement brusque et douloureux, qui au final, se révélera salvateur. Plus que des allié.e.s, nous avons besoin de complices. C’est un besoin urgent dans un état sécuritaire de plus en plus aliénant qui va noyer et criminaliser nos revendications.
Le complice nous voit comme sujet, capable d’initiatives et d’auto-définition et non comme objet politique sous son protectorat et soumis à son agenda. Il faut sortir du complexe du héros-militant-sauveur, car nous ne pouvons être réduits à un rôle de victime exotique. Nous réduire à des objets qui mettent en valeur votre « ouverture culturelle », c’est encore nous exploiter.
La culpabilité, la honte, la peur, si ce sont des émotions à prendre en compte à un niveau individuel, construire sa lutte autour d’eux et ses relation aux autres sur ces bases ne présage rien de bon.
#eatme

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